Dossier spécial crypto monnaies et Blockchain

Ce dossier spécial crypto monnaies et Blockchain a pour objectif de couvrir l’histoire de ces nouvelles monnaies digitales.

Les crypto monnaies reposent sur une technologie de cryptage dont la plus connue est la Blockchain. Il existe à l’heure actuelle plus de 950 monnaies virtuelles dans le monde. Avec le Bitcoin en tête, suivi d’Ethereum, la capitalisation totale du marché des crypto monnaies se situe d’après les experts entre 10 et 25 milliards de dollars.

Notre dossier spécial crypto monnaies et Blockchain a aussi pour ambition de vous aider à mieux saisir les changements colossaux qui s’opèrent actuellement sous nos yeux. Les crypto monnaies ont le potentiel de changer notre rapport à l’argent, le commerce, mais aussi le mode de fonctionnement et le rôle des institutions financières globales. Car ce sont des monnaies qui ne peuvent pas être contrôlées par une seule entité jusqu’à preuve du contraire.

Malgré leur potentiel révolutionnaire, suite à leur lancement en 2009, et le battage médiatique depuis le début de l’année 2017, les crypto monnaies restent encore mystérieuses pour de larges pans de la population. Quand bien même les monnaies digitales s’insèrent progressivement dans le système financier mondial, certains n’hésitant pas en faire l’avenir de notre économie, une économie plus participative et transparente.

 

Histoire des crypto monnaies

Maintenant que vous savez ce qu’est une crypto monnaie, découvrez dans ce 2e chapitre de notre dossier spécial crypto monnaies et Blockchain leur histoire.

L’histoire des crypto monnaies remonte à 1998, lorsqu’un certain Wei Dai publie un papier décrivant une mystérieuse « b-Money ». Quelques temps après c’est au tour de Nick Szabo de lancer la création de Bit Gold qui lui permettra de tester le concept de preuve de travail, une fonction au cœur de la Blockchain et permettant la validation des transactions.

Ce n’est qu’en janvier 2009, que naît le Bitcoin par un informaticien ou un groupe de codeurs utilisant le pseudonyme de Satoshi Nakamoto. La preuve de travail du Bitcoin utilise l’algorithme SHA-256, tout comme de nombreuses crypto monnaies. Alors que, d’autres comme Litecoin utilise l’algorithme Scrypt comme preuve de travail, celui-ci étant un peu plus rapide à confirmer les transactions.

Les premières années de Bitcoin se passent dans l’indifférence à peu près générale, ne suscitant qu’un intérêt limité de la part des médias, même dans la presse informatique et et plus encore dans le grand public. Il faudra attendre 2011, pour que les médias de masse commencent à s’intéresser au phénomène des crypto devises. Durant ces 3 premières années, de nombreuses crypto monnaies ont été créées, et nombreuses sont celles qui n’ont pas rencontré le succès, car n’apportant pas réellement de rupture ou d’innovation au minimum.

En 2013, la poussée spectaculaire du cours du Bitcoin braque les projecteurs sur les crypto monnaies, et en 2014 la 2e génération de crypto devises nait. Avec notamment Monero et Ethereum qui est aujourd’hui la 2e monnaie cryptographique la plus utilisée dans le monde après le Bitcoin.

La particularité de cette 2e vague de monnaie digitale, c’est l’implémentation de nouvelles fonctionnalités telles que la furtivité, le Smart Contract, ou l’indexation de Blockchain aux métaux précieux tels que l’or. Le développement de ces premières briques vont rendre possible l’avènement des applications décentralisées, les DApp, que l’on prononce Di-App.

 

Pourquoi les crypto monnaies inquiètent ?

Dès leur début, les crypto monnaies ont attiré la méfiance les dirigeants politiques et les institutions financières. Notamment, les banques centrales, ou encore les banques privées. Pour les banques centrales, les crypto monnaies sont un véritable cauchemar, car de par leur conception, elles peuvent se soustraire à toute régulation. Pour les dirigeants politiques il n’y a pas de consensus au niveau mondial, et le statut juridique des crypto devise se fait au cas par cas d’un pays à l’autre.

Certains pays comme le Japon, estiment que les crypto monnaies sont légales puisqu’elles constituent un moyen de paiement comme un autre, pour d’autres pays comme la France, il existe un flou juridique sur les crypto monnaies, d’autres pays comme la Chine, interdisent purement et simplement l’utilisation des crypto monnaies. Aux États-Unis, le Bitcoin est assimilé par les services fiscaux comme un bien immobilier contrairement au dollar, les bénéfices générés sur une crypto monnaie sont donc taxés.

De la voix même de nombreux représentants de banque centrale, l’avènement des crypto monnaies pose un défi considérable dans leur capacité à influencer le prix du crédit. Certains vont même plus loin, estimant que la démocratisation inéluctable des crypto devises réduira inévitablement la confiance dans les monnaies fiduciaires. Avec comme corollaire une difficulté croissante à mener des prévisions et des politiques monétaires, puisqu’une utilisation généralisée des crypto devises compliquera la tâche des organismes statistiques dans la récolte de données sur l’activité économique. La menace que font peser les crypto monnaies et les start-ups de la FinTech sur la chasse gardée des banques est de type mortelle, avec le potentiel de réduire de 40 %, voire 60 % le monopole des services bancaires.

En effet, lorsque l’on utilise une carte bancaire pour régler des achats. Le paiement s’effectue entre les 2 banques impliquées dans la transaction, à savoir la banque du consommateur, ainsi que la banque du commerçant. Les banques se rémunèrent grassement en prélevant des frais de commissions aussi bien du côté de l’acheteur que du vendeur, sans même parler de la commission pour MasterCard Visa ou American Express qui fournit le système de paiement. Dans le paradigme des crypto monnaies, il n’existe qu’une seule et unique banque, et c’est elle qui s’occupe de tout. Que ce soit les transactions, le système de paiement ou l’émission d’unités de monnaie cryptographique.

 

La Blockchain Ethereum et l’avènement des Smart Contract

La Blockchain Ethereum est souvent décrite comme l’un des projets les plus prometteurs en dehors de Bitcoin, nombre d’experts n’experts le décrivent comme le premier véritable ordinateur global. Car contrairement au Bitcoin qui a été conçu de manière spécifique en tant qu’application monétaire, la Blockchain Ethereum permet grâce à son système de Smart Contract, de concevoir tout type d’application. L’une des particularités d’Ethereum fondée par Vitalik Buterin c’est que ce génie de l’informatique est parti d’une feuille blanche pour réécrire le code de sa Blockchain, contrairement à de nombreuses crypto monnaies basées sur une modification du code source du Bitcoin.

Sur le réseau Ethereum, les participants de la Blockchain ne se limitent pas seulement à la validation des transactions monétaires. Ils peuvent aussi exécuter du code provenant d’applications décentralisées. Ce code permet en particulier la mise en place de Smart Contracts, qui constituent le cœur du potentiel d’Ethereum. Pour le règlement, la Blockchain Ethereum dispose d’une monnaie virtuelle l’éther, qui permet de régler l’exécution des Smart Contract, car ceux-ci prélèvent des ressources importantes sur le réseau peer-to-peer. De façon poétique les éthers servent à acquérir du Gas (en anglais essence), indispensable pour faire tourner les contrats intelligents.

Certains dans la communauté crypto monnaie estiment que la Blockchain Ethereum vient concurrencer celle de Bitcoin. Pour autant, au-delà de la position dogmatique et idéologique, ces 2 solutions représentent des interprétations complémentaires de la Blockchain.

 

Les applications décentralisées cœur de la Blockchain 2.0

Pour faire une analogie avec un appareil qui nous est familier ; notre Smartphone, le code source Ethereum représenterait dans ce cas le système d’exploitation du mobile. Ce code informatique permettrait alors de développer différentes des applications pouvant tourner sur le Smartphone.

Pour qu’une application puisse être considérée comme une DApp, elle doit répondre à 4 questions essentielles, elle doit être open source et les modifications doivent être adoptées selon le consensus des utilisateurs. Les données de l’application doivent être cryptées et stockées dans un registre public décentralisé. L’application décentralisée doit obligatoirement utiliser une crypto monnaie déjà émise, ou un token interne, la validation des nouvelles entrées dans le registre public donne droit à une récompense pour les mineurs. Enfin, les jetons générés doivent se faire selon certaines normes cryptographiques en tirant parti des forces d’un réseau Peer-to-Peer notamment pour le calcul de la preuve de travail, que les anglo-saxons appellent proof of Work POW.

Une DApp établit donc le consensus selon deux mécanismes : la Proof-of-Work POW et la proof-of-stake POS. Avec la proof-of-work, les changements dans un DApp se font après avoir consulté la quantité de travail cumulée que chaque membre peer-2-peer fournit dans sa contribution au fonctionnement de la DApp. Avec la proof-of-stake, les changements dans un DApp se font après avoir demandé aux membres de valider la modification. Le consensus est obtenu par un système de vote, dans lequel l’importance du vote est proportionnelle au % de tokens de monnaie sous-jacente que le membre votant possède. Par exemple, le vote d’un membre qui contrôlerait 10 % des jetons publiés par la DApp, aurait un poids de 10%. Le Protocole Omni par exemple est basé sur le POS.

Ainsi les DApps utilisent 3 manières de distribuer leur token, la collecte de fonds et le développement, ainsi que le minage. Lors du minage, c’est un algorithme qui distribue les token aux utilisateurs de la Blockchain, ceux-ci vont alors vérifier les transactions et donc entretenir la Blockchain. Bitcoin fonctionne sur ce principe. Dans le cas d’une collecte de fonds, les token sont alors distribués aux personnes finançant le développement de l’application décentralisée. Le développeur peut s’octroyer des jetons selon des règles prédéfinies. La Blockchain Ethereum a rendu l’avènement possible du smart Contract et des applications décentralisées. Elle a aussi étrenné une nouvelle façon de lever les fonds, les Initial Coin Offering ICO.

 

L’ICO (Initial Coin Offering) la levée de fonds en crypto monnaies

Dans le jargon des crypto monnaies ICO (nommé parfois IPCO avec le P pour « public ») est un terme de plus en plus utilisé. Il représente la version crypto monnaie de l’IPO (Initial Public Offering) soit une levée de fonds en monnaie fiduciaire, en vue d’une introduction d’une société en bourse. Une ICO permet donc de financer un projet que ce soit une toute nouvelle Blockchain, ou une application décentralisée basée sur une Blockchain Bitcoin, Ethereum ou encore NXT.

Si les principes de fonctionnement présentent certaines similitudes, essentiellement la levée de fonds, puisque dans une ICO contrairement à une IPO l’investisseur n’acquiert pas de part de la société. Pendant la campagne de financement, les investisseurs achètent des coins en payant avec une monnaie FIAT ou avec d’autres crypto monnaies comme le Bitcoin BTC ou l’éther ETH. L’ICO est en quelque sorte le moyen de financement ultime des start-ups de la FinTech, certaines ayant réussi à lever des fonds très importants en l’espace de quelques heures sur une simple idée. Comme la start-up Status qui a levé 270 millions d’euros en 3 heures seulement.

Les ICO ne sont absolument pas réglementées contrairement au cas d’une introduction en bourse. Les jeunes pousses de la FinTech peuvent donc utiliser toutes les vides juridiques pour mettre en place une campagne de financement participatif à un prix hyper compétitif, capable de toucher une large audience. Sans ce mode de financement novateur, de nombreux projets ne pourraient tout simplement pas voir le jour via les canaux de financement classiques des banques ou des fonds de capital-risque. Et c’est justement là que le risque réside pour l’investisseur, misant son argent dans un environnement peu régulé, et dans lequel celui-ci est sans protection en cas d’irrégularités.

La majorité des ICO se font uniquement en ligne, les porteurs du projet vont alors fournir un White Paper, une feuille de route expliquant l’intérêt du projet, son calendrier. Ainsi qu’une présentation des membres de l’équipe de développements, le code source, ainsi que les conditions d’émission des token. Les tokens acquis par les investisseurs pourront soit lui donner droit au versement de dividendes, ou aux profits générés par la licorne, ou encore des droits de vote, ou d’utilisation de l’application.

Si l’on peut sentir un léger parfum de bulle en formation sur les ICO, cela reste néanmoins un moyen alternatif vital pour le financement des FinTech. Les start-ups de la Blockchain utilisent pour nombre d’entre elles, un modèle opérationnel basé sur l’économie circulaire, en ciblant des besoins parfaitement identifiés dans un écosystème donné. Dès lors, il est normal que la levée de fonds se déroulant via une ICO se fasse antérieurement à la sortie du produit final, sans même parler de son succès. Les investisseurs doivent absolument intégrer cette donnée, car ils sont totalement dépendants de la pertinence, de l’efficacité et de la productivité de la start-up. Il existe 2 types de profil d’investisseur dans une ICO, les enthousiastes qui croient au projet et qui souhaitent le soutenir et les spéculateurs motivés exclusivement par le profit.

 

Faut-il plutôt miner ou acheter pour investir sur les crypto monnaies ?

Dans cette courte 4e partie de notre dossier spécial crypto monnaies et Blockchain, il était impossible de faire l’impasse sur l’investissement sur les crypto monnaies. Quelles stratégies choisirent entre le minage et l’acquisition physique de crypto monnaie.

Le cours du Bitcoin et des principales crypto monnaies en général, signent d’excellentes performances. Comme en témoigne, le cours de la reine des crypto monnaies, le Bitcoin flirtant avec les 8000 $ à la mi-novembre 2017. Dès lors, il est légitime de se poser la question : vaut-il mieux miner ou acheter pour investir sur les crypto monnaies, lorsque l’on ne souhaite pas se lancer dans l’acquisition de token lors d’une ICO.

Pour autant, investir dans les crypto monnaies n’est pas de tout repos, même en les achetant sur une plate-forme d’échange comme Coinbase, ZeBitcoin ou CoinHouse pour n’en citer que quelques-unes. En effet, les crypto monnaies sont soumises à une volatilité extrême, pour preuve le Bitcoin a perdu près de 1000 $ avant de les reprendre et battre de nouveaux records, en l’espace d’une semaine.

Le minage du Bitcoin au tout début était accessible à quiconque possédait un ordinateur haut-de-gamme. La puissance de calcul est un critère important, puisque les mineurs utilisent leur matériel informatique afin de réaliser des calculs mathématiques dans le but de confirmer les transactions. En récompense de leurs services fournis pour maintenir le réseau peer-to-peer, les mineurs collectent non seulement les frais de transaction confirmée par leurs soins, mais aussi des Bitcoin nouvellement créées. La récompense est actuellement de 12,5 Bitcoin par bloc celle-ci est divisée par 2 environ tous les 4 ans.

Cette époque est révolue, et désormais il n’est plus rentable pour un particulier de miner lui-même le Bitcoin, l’invention des Asic, des puces spécialisées dans les calculs nécessaires à la validation des transactions a mis un terme à cet âge d’or. Désormais le minage s’effectue par des coopératives de mineurs qui mettent en commun leur puissance de calcul grâce à du matériel informatique, notamment les cartes graphiques multi GPU du fabricant AMD qui sont parfaitement adaptés pour la résolution des preuves de travail. Aujourd’hui, l’on estime que 3 des plus grosses coopératives de minage se trouvent en Chine, le gouvernement garantissant un coût de l’électricité très compétitif.

La façon la plus simple d’investir dans les crypto monnaies, et d’en acquérir sur les plates-formes d’échange comme celles évoquées précédemment. Avant de se lancer, il faut prendre en considération les risques sécuritaires. Car avec les crypto monnaies le détenteur doit se charger lui-même de la sécurité de son investissement et de ses actifs. Les crypto monnaies peuvent être stockées de différentes manières, dans le jargon on parle de stockage à froid et de stockage à chaud. Le stockage à chaud se fait soit via un logiciel installé sur votre ordinateur ou votre Smartphone est donc connecté en permanence sur Internet. Certaines plates-formes d’échange proposent de se charger du stockage de la clé privée donnant accès au Bitcoin.

Le stockage à froid permet de stocker les Bitcoins sur un appareil électronique de type clé USB non connecté à Internet. Le crypto portefeuille matériel intègre pour les meilleurs modèles une puce électronique capable de protéger la clé privée, contre les attaques, ou même si cette clé est connectée un ordinateur infecté par un virus.

 

Conclusion

Dans ce dossier spécial crypto monnaies et Blockchain, nous avons vu que le premier avatar de la Blockchain a été créé en 2009. Le Bitcoin à qui l’on prédisait un avenir sombre résiste malgré de nombreuses mauvaises nouvelles. Malgré les campagnes de dénigrement, celui-ci affiche une robustesse remarquable, ce qui agit comme une injonction pour des milliers d’utilisateurs à utiliser les crypto monnaies. Les commerçants l’ont bien compris et aujourd’hui ils sont de plus en plus nombreux à accepter le Bitcoin comme moyen de paiement.

Malgré les enthousiastes de la première heure, tout n’est pas rose dans le Bitcoin, et il est logique que les pouvoirs publics est été réticent car il a été avéré que la crypto monnaie servait à réaliser des opérations illégales sur le Dark net, ou à blanchir des montants considérables d’argent sale. Aujourd’hui, on assiste à une professionnalisation des différents acteurs de la Blockchain, et une institutionnalisation des crypto monnaies. Ce qui a conduit les pouvoirs publics à être plus bienveillant à l’égard des crypto devises.

Le futur des crypto monnaies et de l’écosystème Blockchain s’annonce plutôt radieux, puisque la démocratisation s’opère à un bon rythme. Un rythme d’autant plus accentué, que les craintes d’une nouvelle crise bancaire, la menace que fait peser la taille démesurée des banques systémiques, ou encore le pouvoir exorbitant des banques centrales et autorités monétaires. Autant d’éléments qui font que de plus en plus de citoyens dans le monde se méfient du système bancaire mondial et se laissent tenter par le modèle qu’offrent les monnaies virtuelles.

La résistance du Bitcoin a démontré à tous que les monnaies cryptographiques sont là pour durer et qu’elles doivent être prises au sérieux. Plus largement elles permettent non seulement de mettre hors-jeu les tiers de confiance n’offrant qu’une faible valeur ajoutée par rapport aux services rendus. Les crypto monnaies permettent aussi de lutter efficacement contre l’hyperinflation, certains économistes notent déjà des similitudes dans leur comportement avec celui des métaux précieux.

S’il est difficile de savoir si l’engouement pour les crypto monnaies se confirmera, une chose est sûre de nombreux projets parmi les quelques 1000 crypto monnaies disparaîtront. Quand ? Nul ne le sait. Mais l’hypothèse selon laquelle nous serions dans une bulle spéculative prête à exploser n’est pas impossible.